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CANTONALES 2008 : TEXTES DE CAMPAGNE.

Je voudrais vous dire.

Partageant le même destin avec les autres territoires de France, les problèmes qui se posent au canton de l'isle d'Abeau sont, à quelques variables territoriales près, identiques à ceux que tous les citoyens se posent. C'est pourquoi je propose cette rubrique que je souhaite intituler « Je voudrais vous dire » ou encore « un billet, un jour ». Cette rubrique va s'étendre sur toute cette semaine, jusqu'à samedi, fin officielle du premier tour de la campagne électorale.

Premier billet. Le cumul des mandats : Un mal bien de chez nous.

Les statistiques sont sans appel. Sous la IIIème République, la pratique du cumul était de 35,7 %. Sous la IVème, elle est passée à 42 %. Sous la Vème, à 85 % atteignant même parfois les 95 %. Aujourd'hui, sur 577 députés, seuls 68 ont un mandat unique. Idem au Sénat, sur 331 sénateurs. (Source : le Monde.fr).
Alors que le plafond des indemnités du cumul de mandats est fixé à 8 100 euros ; ce qui constitue déjà un beau pactole pour nos élus, le canard enchaîné nous a appris récemment qu'un élu député maire percevait 12 500 euros, et qu'il continuait à percevoir 1 500 euros de chômage malgré son élection en Juin dernier.
Pourquoi s'arrêter en si bon chemin lorsque le cumul des mandats ouvre sur le boulevard de la prédation publique. La Prédation publique est exactement le contraire du Bien Public.
Comme les moutons rouges que Voltaire fait ramener à « Candide » du pays de l'Eldorado, le cumul des mandats doit être réduit à Néant.

Bref décryptage du cumul des mandats.

Le cumul des mandats est une imposture démocratique. C'est un mensonge.
Imposture des « professionnels de la politique ». Imposture des carriéristes en politique. Qui peut croire qu'un seul homme exerce 2 voire 3 mandats (comme c'était encore le cas avant les lois de 2000 - dites de modernisation et de moralisation de la vie publique - qui ont limité à 2 le nombre de mandats électifs) ? Pour co
uronner le tout, certains cumulards continuent à exercer leur métier, comme garagiste ou comme avocat. Ainsi a-t-on appris par l'hebdomadaire « Marianne» que le Député Maire de la ville de Maux, président du groupe parlementaire majoritaire exerce aussi comme avocat dans un cabinet parisien ayant pignon sur rue. Coût horaire : 500 euros. Qui dit mieux ? Salaire mensuel des deux mandats auxquels s'ajoutent les indemnités de Président du groupe majoritaire à l'Assemblée nationale et les honoraires d'avocat dans un cabinet privé : indécent. Localement, notre département de l'Isère est lui aussi bien loti et dans le Nord Isère, nos députés cumulent également les mandats. Aucun homme ne peut exercer deux mandats à temps plein ; soit il ment ; soit il n'en fait qu'un et l'autre sert de faire valoir ; soit il bluffe pour les deux en se contentant d'assurer un service minimum pour les deux mandats. Phénomène national largement partagé localement qui a forcément des conséquences négatives en termes de trafic d'influence dû à l'extrême concentration des pouvoirs entre les mains d'une poignée d'individus quand ce n'est pas entre les mains d'un seul homme.

Le cumul des mandats est une confiscation des territoires électifs, une confiscation des pouvoirs de la décision politique.
Tous les cumulards sont issus des partis politiques. C'est une pratique de partis. C'est même une stratégie politique d'occupation de l'espace du pouvoir pour influencer le jeu de la décision publique et faire ainsi jouer les « enchères » en politique, le plus souvent pour le pire. Dans Rhône Alpes et dans l'Isère, nos députés cumulent presque tous. Quand ils ne sont pas députés maires, ils sont députés conseillers généraux voire députés conseillers régionaux. Mais, il y a aussi les mandats locaux superposés. Dans le Nord Isère, des maires sont conseillers généraux et certains de leurs adjoints conseillers régionaux. Au final, depuis la Mairie de Bourgoin Jallieu ou de l'Isle d'Abeau par exemple, les tentacules s'étendent au Conseil Général, puis au Conseil Régional, puis à l'Assemblée nationale voire au Sénat, pour s'absorber dans les grandes centrifigeuses des partis politiques. Le citoyen est donc capturé dans cette énorme toile d'araignée. Quand on songe qu'en plus, certains élus cumulards, de par leur position dominante, sont en plus présidents ou administrateurs des communautés d'agglomération, des pays, des commissions d'attribution de logement, des Missions locales, des commissions locales d'insertion en charge des rmistes, etc... la démocratie représentative semble bien truquée.

Le cumul des mandats est une fabrique des nouveaux rentiers.
En effet, le cumul des mandats s'accompagne d'un cumul de généreuses indemnités de la République. Au final, on accumule les indemnités des mandats cumulés et, plus tard, les retraites cumulées de ces mandats. La République a donc ses rentiers. Je renvoie ici à l'article « Travailler plus pour gagner plus. Qui dit mieux ? ». elisembock.skyblog.com.

Le cumul des mandats ouvre sur le boulevard de la prédation publique.
On connaissait déjà les patrons voyous avec leurs parachutes dorés indécents lors même qu'ils laissaient les entreprises en situation de quasi faillite. On assiste aujourd'hui à la révélation d'un syndicalisme voyou qui partage avec les patrons voyous la pratique des parachutes dorés, puisqu'on vient d'apprendre par la voix de la Présidente du Medef, Mme Laurence Parisot, que D. Gauthier Sauvignac, ex patron du syndicat des industries de la métallurgie a perçu 1 500 000 euros (un million et demi d'euros) d'indemnités de départ, alors qu'il est mis en examen. Après les patrons voyous, le cumul des mandats nous rapproche dangereusement des élus voyous qui ont prévu leurs propres parachutes dorés dans la dernière loi de la législature précédente (avant juin 2007) en prolongeant leurs indemnités de chômage de 6 mois à 5 ans à taux plein, la première année (5 000 euros) et à taux dégressif de 20 % tous les ans. En sorte qu'au bout de 5 ans de chômage, un ex député continuera de percevoir 1 000 euros à vie. Un Smic à vie pour un mandat de député de 5 ans. Là aussi qui dit mieux ? Moralité : il faut cumuler les mandats pour être certain d'en avoir toujours un.

Le cumul des mandats nuit à la croissance.
Le rapport Jacques Attali sur les freins à la croissance a fort judicieusement préconisé sa suppression et sa forte limitation. Les élus font de la résistance. Chercher l'erreur ? Depuis Mai 2007, il faut être élu pour faire partie du Gouvernement. Alain Juppé en a payé le prix. La mesure pourrait être honorable si elle ne constituait pas une prime au carriérisme en politique et si elle ne renforçait pas in fine le rôle des partis politiques dans l'échiquier politique au détriment du Citoyen dépossédé civilement et démocratiquement. Quand on sait que ce même cumul nuit à la croissance, parce que le collectif des cumulards tient plus du clonage que de la différence ; quand on sait surtout que le clonage favorise la reproduction du Même et le maintien du statu quo là où la différence favorise la créativité, l'innovation et la prise du risque ; c'est toute la société qui paie au prix fort l'imposture des nouveaux rentiers que sont les cumulards.

Ce sont les élections locales qui viendront à bout du cumul des mandats. Et pas l'inverse. Et ça commence maintenant.

Elise Mbock.
Pour en savoir plus, Elise Mbock, « le clonage institutionnel » – troisième partie « la confiscation des territoires et les nouveaux rentiers », pp 209 et suivantes.
Lire aussi « Travailler plus pour gagner plus. Qui dit mieux ? ». elisembock.skyblog.com


Retrouvez ce billet sur http://www.journal-chretien.fr. "Elise Mbock en campagne". Cette rubrique est accessible à partir de la rubrique "France" qui comporte deux sous-rubriques pour les élections.


A demain. Sujet : l'information publique au c½ur de la citoyenneté.



L'information publique au c½ur de la citoyenneté


Partageant le même destin avec les autres territoires de France, les problèmes qui se posent au canton de l'isle d'Abeau sont, à quelques variables territoriales près, identiques à ceux que tous les citoyens rencontrent. C'est pourquoi je vous propose cette rubrique que je souhaite intituler « Je voudrais vous dire » ou encore « un billet, un jour ». Cette rubrique va s'étendre sur toute cette semaine, jusqu'à samedi, fin officielle du premier tour de la campagne électorale.

La question du jour : Peut-on encore se parler sans suspicion ?

Beaucoup d'entre vous manifeste leur étonnement sur le fait que les élus indisponibles tout au long de l'année sont subitement disponibles au moment des élections. « On les voit partout maintenant ». Invisibilité des élus = tickets de rationnement de l'information publique due au citoyen lambda.

La Politique de la Ville a échoué, depuis 1981, date de son invention. Là-dessus, on est tous d'accord. Aujourd'hui, elle est relancée sous un énième programme. L'impact positif des actions Politique de la Ville ne peut être possible que si les habitants comprennent le projet de société en construction, dans un premier temps et si, dans un second temps, ces mêmes habitants sont capables de se projeter dans ce devenir ensemble. Il y a donc un premier travail de pédagogie à faire suivi d'un travail d'accompagnement citoyen intense. L'information du citoyen et son écoute sont donc la clé de la réussite de l'ensemble des politiques. Si le mandat d'élu a un sens, c'est d'abord celui d'informer ses compatriotes sur l'ensemble du projet de société en construction. Pour cela, il faut des élus accessibles.

Je serai une conseillère générale accessible.

C'est pourquoi j'ai proposé comme première action de mon projet politique, la création d'un site Internet pour me contacter directement, en temps réel soit, pour me faire des propositions sur notre devenir commun, soit pour exposer une situation qui vous préoccupe. De mon côté, je m'engage à vous fournir toute information utile à la gestion de la vie publique, professionnelle et celle de tous les jours. Pour ceux qui n'ont pas de connexion Internet, qu'ils sachent que je tiendrais une permanence d'accueil.

Je n'ai pas de « biscuits » à vendre en vous proposant des recettes catégorielles, ceci pour les handicapés, ceci pour les populations issues de l'immigration, etc... Je vous propose une méthode de travail inédite. Habituellement, nous fonctionnons de la manière suivante : les décideurs mettent en place des lois cadres et des programmes catégoriels. Lorsque vos problèmes rentrent dans le cadre de ses programmes, vous y trouvez des solutions appropriées. Si votre parcours s'écarte des schémas préétablis, c'est l'impasse. Nous allons changer cette façon de procéder. Il y aura un cadre d'intervention de base, mais, en aucune manière, ce cadre ne restera figé. Les politiques départementales doivent être flexibles et s'adapter aux dynamiques des personnes, des territoires et des énergies. C'est de cette manière que nous mettrons fin à la rigidité stérile de nos politiques publiques.

Je serai une conseillère générale honnête.

Certains, les jeunes surtout, se sont ouverts à moi en me disant leur détresse d'avoir été dépossédés d'un projet qu'ils avaient proposé aux élus. Des jeunes de Villefontaine avaient conçu le projet d'une scène de répétition des groupes musicaux qui a été récupéré par les institutions et a donné naissance aux « Abattoirs » de Bourgoin Jallieu. Personnellement, lorsque j'ai créé le magazine « Scène Publique » pour compléter l'éducation scolaire des jeunes des lycées sur les politiques publiques et l'organisation de plus en plus complexe de nos territoires, le projet a été subventionné sur une année par le Conseil Régional et le Conseil Général (année scolaire 2002-2003). L'année d'après, le Conseil Régional et le Conseil Général ont mis fin aux subventions au prétexte que le projet était financé, je cite « à titre expérimental ». Cette année, en 2008, à l'occasion des v½ux du Président du Conseil Régional à la Presse rhônalpine et de la présentation du budget primitif du Conseil Régional, quelle n'a pas été ma surprise de voir que le projet de « Presse au Lycée » que j'avais réalisé avec le magazine « Scène Publique » a été repris par le Conseil Régional et l'Etat et rebaptisé par la Région « kiosque au lycée ». Cette opération sera proposée à 100 lycées de la Région. Un peu moins que ce que « Scène Publique » avait fait en 2002-2003 et en 2003-2004, puisque le magazine était réalisé avec les élèves au sein du Lycée Léonard de Vinci et était distribué à tous les lycées et universités de la Région Rhône- Alpes, à tous les collèges de l'Isère, à la population de notre ancienne Ville Nouvelle (Villefontaine, l'Isle d'Abeau, Vaulx-Milieu, Four, Saint Quentin Fallavier) auxquels s'ajoutait la Verpillière et, enfin, aux Institutions gouvernementales, parlementaires et consulaires de France. L'Etat et la Région y consacreront 1 000 000 euros au bas mot à « la démocratie participative, la citoyenneté, l'accès à l'information et la sensibilisation à la presse écrite au profit des jeunes » (source : rapports de l'assemblée plénière du Conseil régional des 23 et 24 Janvier 2008, tome 1, page 61).

A titre comparatif, nous avions reçu pour la première année au sein d'un lycée 7 500 euros de subventions de la Région et le même montant du Département de l'Isère. Ce montant s'étant révélé plus qu'insuffisant puisqu'il n'a pas permis de couvrir entièrement le projet, nous avions demandé, pour la deuxième année 45 000 euros en incluant Bourgoin Jallieu dans l'espace du projet, compte tenu de l'association du BTS force de vente du lycée l'Oiselet. On nous avait alors répondu, en plus du « projet soutenu à titre expérimental », « trop cher ». En clair « circulez ! ».

Toute ressemblance n'étant que pure coïncidence, le projet régional s'appelle « kiosque au lycée » et fait partie du « Plan Régional pour la Jeunesse ». Comme le projet de l'association la Voie Lactée « Presse au Lycée » et son magazine « Scène Publique » « kiosque au Lycée » se propose de renforcer l'action éducative et la connaissance de la Presse.

Je vous propose de parler de cette action éducative demain, puisqu'il s'agit d'un autre point de mon programme : construire une véritable communauté éducative.

Pour le moment, je conclue en vous disant qu'aucun des projets que vous me soumettrez et que j'aurai retenu ne se fera sans vous. Pour chacun de vos projets mis en ½uvre, la paternité vous sera publiquement attribuée, même si nous sommes plusieurs à le mettre en ½uvre. C'est de cette manière que l'on contribuera à assainir la vie ensemble et à continuer à se parler avec respect et honnêteté.

Elise Mbock.


En savoir plus. « Politique de la ville et contrats de ville – exemple d'une négociation publique avortée » in le clonage institutionnel, Elise Mbock, pp. 119-135.




CONSTRUIRE UNE VERITABLE COMMUNAUTE EDUCATIVE

Chaque fois que le problème de la crise des apprentissages scolaires se pose avec son train de décrochages, on incrimine les fondamentaux qui seraient mal acquis. Et lorsqu'on se pose celle de leur transmission, on incrimine les méthodes : la syllabique ou la protographique. Commençons donc par ces fameux fondamentaux.

Un certain 12 /10/2004, Alain Rey, du temps où il tenait une chronique en matinale (8 h 55) chez Inter, avait choisi de parler des « fondamentaux ». C'était le mot du jour, à la suite de la présentation d'un énième rapport sur l'acquisition des apprentissages. Comme d'usage, les rapporteurs étaient invités sur le plateau et insistaient sur les fondamentaux que sont : savoir lire, savoir écrire et savoir compter. Pour Alain Rey, ce qu'on décrit comme étant des fondamentaux correspond plutôt aux élémentaires ou encore aux indispensables. En termes de langage, et même dans l'histoire de l'école, le terme élémentaire traduit bien le socle des connaissances communes qu'il faut acquérir. Le remplacement du mot élémentaire par fondamental est une erreur, parce que ce qui est fondamental à l'école aujourd'hui, et, en l'occurrence, je m'inscris totalement dans cet énoncé, c'est d'apprendre à penser, d'apprendre à comprendre, d'apprendre à parler, d'apprendre à sentir, d'apprendre à juger. En proposant au lycée léonard de Vinci de Villefontaine d'associer les élèves à la rédaction d'un magazine sur les politiques publiques et la vie des territoires, j'avais à coeur de retrouver le fondamental, tel que définit ici par Alain Rey. Ce que l'école a du mal à faire ou ne peut plus faire soit, par négligence, soit par idéologie.

L'égalité à l'école est assise sur les indispensables (savoir lire, savoir écrire, savoir compter) et «lâche» sur les fondamentaux (apprendre à penser, apprendre à comprendre, apprendre à parler, apprendre à sentir, apprendre à juger), qui sont pourtant le creuset des inégalités.

Alain Rey a agrémenté sa réflexion le mardi suivant, le 19/10. Le mot du jour était « l'écriture » dont il a rappelé qu'elle était la transcription visuelle des sons de la parole. C'est elle (la parole) qui mène à l'écriture. Intérioriser la parole telle qu'elle respire et se déploie, non pas seulement pour l'écrire, mais pour la produire. En gros, une fois qu'on a acquis les règles grammaticales (les indispensables), il reste à comprendre la parole, le langage et pas la langue (qui est de l'ordre de la grammaire, donc des indispensables), bref, à construire sa pensée. Apprendre à parler, apprendre à penser, sont en évolution constante alors que les règles grammaticales n'évoluent pas, les indispensables. Pour préciser ce point, Alain Rey indique que «apprendre à parler» ou «apprendre à comprendre» peuvent se faire ailleurs qu'à l'école, comme pour les Héritiers (les Héritiers, Pierre Bourdieu) , par exemple. Ce qu'on demande et attend de l'école, c'est de faire en sorte que cette compétence soit égalitairement produite, idéalement, par tous les élèves ; plus pragmatiquement, par la majorité. Et donc de concentrer l'apprentissage scolaire sur ces lieux. Tout cela pour dire que l'égalité à l'école est assise sur les indispensables (savoir lire, savoir écrire, savoir compter) et «lâche» sur les fondamentaux (apprendre à penser, apprendre à comprendre, apprendre à parler, apprendre à sentir, apprendre à juger), qui sont pourtant le creuset des inégalités qui ne se confondent pas avec les difficultés d'acquisition
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La citoyenneté doit faire partie des fondamentaux dans l'école de demain.

Lorsque j'avais proposé un apprentissage de la citoyenneté dans un lycée public, j'avais à c½ur de retrouver le fondamental tel qu'Alain Rey l'avait si bien exposé. Le projet s'appuyait sur un préalable à savoir que le vivre ensemble et la cohésion sociale que cela suppose ne peut être possible que si nous partageons un minimum de codes communs et d'espaces communs. La compréhension mutuelle, la capacité de décodage et l'exercice de la citoyenneté en dépendent ; l'équilibre de la démocratie et l'équité sociale également. S'il y a bel et bien un lieu où nous ne parlons pas du tout la même chose, c'est celui des politiques publiques. Il y a une exclusion manifeste par le langage qui peut être comblée partiellement, tant au niveau des élèves que du grand public, dans sa partie défavorisée, notamment ; celle-là même qui a un accès extrêmement limité aux savoirs. L'enjeu ici est important : à l'heure des mobilités et d'une accélération des rythmes et des changements, celui qui possède l'information, la bonne information a un avantage décisif. Ce phénomène est à l'½uvre aujourd'hui dans la réussite éclatante des enfants d'enseignants, en raison d'une bonne connaissance de la carte scolaire de leurs parents.


L'orientation ne peut plus être du seul ressort interne à l'établissement, il doit désormais intégrer la relation globale de l'Ecole aux Territoires.

La communauté enseignante doit comprendre que l'Ecole ne peut pas tout toute seule. Il n 'y a que les gardiens de prison qui détiennent la totalité des clés d'une prison. Qu'elle le veuille ou non, l'Ecole devra s'ouvrir à son environnement, tant au niveau des disciplines que de l'orientation scolaire en général. Je propose pour cela d'associer les entreprises à la formation des élèves, dès le Lycée, en rapport avec leurs prévisions d'embauches. En échange, les entreprises s'engagent à recruter surplace et à recruter prioritairement les élèves et étudiants que nous aurons formés pour elles. On construira ainsi un Pacte local intelligent. Et surtout, on donnera à chaque élève une chance réelle de traduire ses acquis scolaires en compétences professionnelles.

Car notre enseignement supérieur est dédoublé : aux uns le mérite (les écoles d'excellence) et aux autres l'égalité (les universités, « autoroutes déversoirs » et les formations cul-de-sac). Un exemple emprunté à Claude Allègre (Toute vérité est bonne à dire) permettra de fixer le cadre. «Hier, Bourdieu et Passeron disaient que les polytechniciens étaient fils de polytechniciens». «Aujourd'hui, ils sont fils d'enseignants : le profil type de la réussite, c'est père ingénieur, mère enseignante du secondaire. Comme ceux qui ont mention très bien au bac, qui ont des prix aux concours généraux, qui entrent à l'ENA ou à HEC. Le meilleur bagage aujourd'hui pour un élève, c'est d'avoir une mère enseignante du secondaire». En clair, l'information sur la carte scolaire est un atout majeur dans l'orientation scolaire. Malheureusement, cette information ne fait pas partie du programme scolaire. Elle est hors scolarité alors même qu'elle a un impact décisif dans la réussite scolaire et professionnelle. Et même dans les choix de formation tout court.

Une égalité des chances à l'école est donc possible, à condition de la faire reposer sur les fondamentaux et non sur les élémentaires. A condition aussi de veiller à ce que les procédures soient conformes à l'objectif d'égalité recherché. L'idée récente émise par notre Ministre de l'Education selon laquelle les 5% les plus méritants de chaque lycée de France intégreront automatiquement les classes prépas, si elle se concrétise, constitue une rampe de lancement égalitaire. Tout comme il est question d'ouvrir l'accès à certains concours aux étudiants de l'université et pas seulement à ceux des Grandes Ecoles.

Malgré tout, on ne fera pas l'économie d'une grande réforme juste et équilibrée de notre enseignement supérieur en l'unifiant autour de grands pôles universitaires qui comprendront les grandes écoles et les centres de recherche. A ce moment-là, on parlera peut-être d'une égalité des chances.

Sans aucun doute, l'école est et restera une grande idée républicaine. Cette idée, il faut continuer à la faire vivre à tous les niveaux : scolaire, secondaire et supérieur.


Elise Mbock
En savoir plus, la société scolaire dans le clonage institutionnel, par Elise Mbock, pp. 136-207
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CANTONALES 2008 : COMMUNIQUE PRESSE.



JE SUIS CANDIDATE AUX ELECTIONS CANTONALES SUR LE CANTON DE L'ISLE D'ABEAU DANS LE DEPARTEMENT DE L'ISERE.



JE SUIS :


CONTRE LE DETOURNEMENT DE L'ESPRIT DES LOIS ET LES COALITIONS PREDATRICES QUI MONOPOLISENT LE POUVOIR POUR LEUR PROFIT DEPUIS 26 ANS.


CONTRE L'INSTITUTIONNALISATION D'UN SYSTEME RENTIER D'ELECTION A VIE DES REPRESENTANTS COMME EN AFRIQUE OU SEVIT DANGEREUSEMENT LA LOGIQUE DES EMPLOIS ET DES POSTES RESERVES A VIE.


CONTRE LES ABUS DE POUVOIRS ET LE GRAND SOMMEIL DEMOCRATIQUE - SOCIAL ET ECONOMIQUE QUI EN DECOULENT.





POUR CES ELECTIONS QUI INAUGURENT LA NOUVELLE ERE DE LA CIVILISATION EN POLITIQUE, JE LANCE UN APPEL A TOUS LES CITOYENS DE FRANCE POUR DIRE NON A CEUX QUI CUMULENT LES MANDATS QUELS QU'ILS SOIENT : GOUVERNEMENTAUX ET ELECTIFS - LOCAUX ET NATIONAUX - COMMUNAUX ET DEPARTEMENTAUX VOIRE REGIONAUX ET EUROPEENS.


JE SUIS :

POUR LE RENOUVELLEMENT DE LA PENSEE ET DE L'ACTION PUBLIQUE
On ne peut pas renouveler le débat d'idées, les pratiques et les comportements politiques sans un renouvellement du personnel politique. Ce renouvellement implique la suppression pure et simple du cumul des mandats. Ce renouvellement implique également de proscrire l'élection à vie pour un même mandat. 20 ans sur un mandat représente une entaille au code de la démocratie et un handicap pour l'action publique : en Politique - plus qu'ailleurs - il a été démontré qu'un trop long stationnement dans une fonction conduisait fatalement à l'usure du Pouvoir.


POUR OXYGENER L'ESPACE PUBLIC : VOTONS POUR DES CITOYENS AUX PRISES AVEC LE REEL ET NON PAS AVEC SA TRANSFIGURATION
On ne peut pas régénérer la pensée et oxygéner l'espace public EN EXCLUANT les acteurs de terrain : des hommes et des femmes aux prises avec le réel et non pas avec la transfiguration de ce réel.


POUR LA FIN DU CUMUL DES MANDATS
On ne peut plus continuer à accepter que la Politique soit monopolisée et confisquée par les cumulards des mandats et des fonctions. Les cumulards des mandats locaux et nationaux - gouvernementaux et électifs, privés et publics détournent l'esprit de la loi démocratique. Comme les moutons rouges de Candide, ils conduisent le Pays dans l'abîme. Le cumul des mandats est un système anti-démocratique, rentier et confiscatoire. Le cumul des mandats est une escroquerie majeure. Aucune politique publique ne peut être crédible et efficace tant que ce sont les mêmes qui décident - exécutent - choisissent, sélectionnent les staffs, les décideurs et les comités - votent les conseils - contrôlent et valident. Ce système de cooptations tous azimuts compromet le jeu de la démocratie représentative.


POUR LE RESPECT DE L'ESPRIT DES LOIS ET DU CONTRAT SOCIAL :
UN HOMME = UN MANDAT.


VOLTAIRE - VICTOR HUGO - MONTESQUIEU - JEAN JACQUES ROUSSEAU – MARTIN LUTHER KING - PIERRE BOURDIEU : VOILA LA POLITIQUE DE LA CIVILISATION.


MA PENSEE POLITIQUE.

LA BASE PROGRAMMATIQUE DE MA CONCEPTION DE LA CHOSE PUBLIQUE SE TROUVE DANS MON OUVRAGE "LE CLONAGE INSTITUTIONNEL" SOUS TITRE FORT A PROPOS "UNE GENETIQUE SOCIALE".

# Posté le dimanche 06 janvier 2008 11:18

Modifié le lundi 21 avril 2008 11:36

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